Best wishes from Essenza !
Winter – Best Season’s Greetings ☺
Here we are, reaching that point where summer has advanced fully to winter. The word « Solstice » comes form the Latin words for « Sun » and « stand still ». In our Northern Hemisphere, as summer moves to winter, the points on the horizon where the Sun rises and sets advance southwards every day. The high point in the Sun’s daily path across the sky, which occurs at local noon, also moves southwards every day. The Sun’s path has reached its southernmost position, and a few days before and after this Winter Solstice, the change is so slight, that the Sun’s path seems to stand still. At this time, we experience the longest nights of the year … Nature enters steadily in the season of dormancy. Darkness and quietness is all around … every expression of light in it is a small marvel to cherish.
There are so many great ways to experience what this winter season has to offer us : walks in the dark and appreciation of silence and the brightness of the stars, taking joy in lighting candles and fires, taking time to bake those crunchy cookies, meeting with friends for a hot chocolate and a small chat, sharing handcraft with family and friends, giving the sleeping garden a last clean-up … or just taking a few minutes to observe the ever changing colorful pastel palettes the morning and evening skies offer us.
Don’t we also especially yearn, in this season, for softness, stillness, warm light, kindness and peace ? Let us give ourselves - and others - a permission to go deeper into our interiority, to care for oneself, for others around us, to listen to what asks to be renewed or born within ourselves or in the relationships we have with each other. Let us seize moments here and now to observe and discover where the light sparkles despite the darkness, whatever agitation and noise there might be outside, in our complex human society …
I’m sending you all my best and warm Season’s Greetings !
C'est l'automne !
Récoltes - Maturations - Maternités - « Motherhood »
Chaque été, vers la fin du mois d’août, quelques signaux bien évidents annoncent la douce bascule vers l’automne. L’intensité de la lumière du soleil baisse, les rayons se font plus rasants en fin de journée et le vert luisant des feuillages vire vers le mat. Il a cette légère et très belle patine qu’ont les choses qui vieillissent gracieusement. On peut détecter une certaine “fatigue” dans le ballet du feuillage avec le vent. Les branches semblent plus lourdes, moins souples qu’au printemps. La sève a déjà rempli sa mission, sa réserve décline. Les premiers fruits font leur apparition : petites pommes, noisettes sauvages, mûres, framboises, … Au loin, le soir approchant, on aperçoit des moissonneuses qui, dans un nuage scintillant de terre séchée mélangée aux éclats de paille, récoltent le blé.
Quelque chose de l’ordre de l’apaisement s’installe en août. Après des mois qui ont abrité les grandes activités telles que la préparation de la terre, les semis, les plantations, la pollinisation, l’entretien, l’attention, les interventions, le moment de la récolte arrive … enfin ! Un cycle entier se boucle. Apaisement ét accomplissement ? Plutôt l’apaisement dans l’accomplissement ☺. Dans nos contrées, et bien avant que la fête religieuse du 15 août ne soit instaurée, il y avait les anciennes fêtes païennes dédiées aux prémices des moissons et des vendanges.
Entre le “début” - au moment du semis et de la pollinisation - et la “fin” - lors de la récolte - nous oublions de reconnaître le magnifique travail de maturation qui se fait naturellement … Nous nous sommes en effet tellement convaincus que l’intervention de l’être humain et de la machine sont les seules sources de production. Et pourtant, sans ce potentiel de développement intrinsèque que contient chaque plante, rien ne se produirait. Ne se cueille, ramasse et récolte que ce qui est mûr. La maturation est ce processus qui mène au plein épanouissement des plantes ; c’est elle qui nous offre des fruits gorgés de soleil et riches en vitamines, des noix remplies d’huiles nécessaires à notre équilibre alimentaire, des végétaux protéinés qui renforcent nos muscles, … et nous feront passer l’hiver sans trop d’encombres.
Aux interventions de l’être humain dans la culture, il est important également d’ajouter les “savoir-être” essentiels dans tout processus de développement : la patience et la confiance. Des qualités que j’aurais tendance à rattacher à la maternité, et, plus encore, à ce que le mot « motherhood » en anglais englobe. Contrairement au mot « maternité » (l’état d’être mère), « motherhood » contient dans son suffixe « hood » tant l’état d’être mère, que la notion d’appartenir à une communauté. Ce petit détour par la richesse de la langue anglaise me permet, sans doute, d’arriver à mon point de rassemblement de la notion de maternité tant pour les femmes que pour les hommes. N’abritons nous pas tous – hommes et femmes - en nous cet immense potentiel de patience et de confiance afin d’aider au développement et à l’épanouissement de tout ce qui est appelé à grandir ? Que ce soit accompagner nos jeunes enfants, adolescents ou jeunes adultes, ou soutenir un projet qui nous tient à coeur, une idée qui cherche à être partagée et qui fait progresser, … que ce soit prendre soin de nos parents qui vieillissent, les accompagner jusqu’à leur accomplissement de vie ; qu’ils puissent (sa)voir que les générations qui les suivent prennent la relève et être confiants que le plus important a été transmis … que leur vie a fait sens jusqu’au bout. Et si nous élargissons le champ des possibles, cette notion de « prendre soin de », d’aider à grandir et devenir, ne pouvons-nous pas l’appliquer également à notre rapport aux grands enjeux de notre siècle ? Ce qui est de l’ordre de la préservation de notre planète, des relations entre les humains, des changements inévitables qui s’imposent ?
La récolte de ce qui a été cultivé avec attention, patience et confiance, est aussi l’acte qui permet de passer à la clôture. L’automne va arriver, la lumière va diminuer, ce cycle se termine, et au printemps, tout recommencera. Il en va de même pour ceux qui nous précèdent, pour ceux qui nous suivent, pour tous nos projets, pour toutes nos idées, pour les ères qui nous ont précédées, et pour les époques qui viendront au delà de notre présent. La constance, c’est cet élan de vie que nous avons tous, êtres biologiques que nous sommes aussi – et nous l’oublions souvent ! Pouvoir clôturer, c’est s’octroyer la possibilité de semer les futures germes du renouveau, d’un autre cycle, d’une autre tranche de vie qui commence. C’est pouvoir aller en toute sérénité vers les changements qui s’imposent, accomplir nos vies - d’humains et de citoyens.
Réapprenons à apprécier la marche dans notre monde agité …
Let’s walk … and touch base
Il n’y a pas grand-chose à faire, finalement. Enfiler ses chaussures, fermer la porte derrière soi, mettre un pas devant l’autre, et … laisser faire. Le corps retrouve avec intelligence ses réflexes millénaires : nous trouvons notre propre rythme, regardons devant, en l’air et tout autour, la respiration se marie gentiment à notre cadence, les bras se balancent nonchalamment … et c’est parti pour la marche … .
En fermant la porte derrière nous, c’est aussi à un tout autre espace que nous en ouvrons une nouvelle. Au gré de nos pas réguliers, de notre respiration adaptée, notre mental commence – pour son plus grand bonheur - sa « grande récréation ». Comme des élèves qui ont été enfermés toute une matinée dans une classe, notre mental nous crie à plein poumons : « yihaaaaaa ! » tout en laissant sortir son énergie débordante. « Enfin de l’espace, enfin je peux me défouler », dit le mental. « Laissez-le faire, il faut que cela sorte », dit le bon sens. Il est amusant, d’ailleurs, d’observer, comme au début de la marche, nous n’arrêtons pas de bavarder lorsque nous sommes plusieurs – et souvent avec une énorme énergie. Lorsque nous marchons seul, nous ne nous rendons pas compte qu’au bout d’un moment nous avons déjà marché 20 minutes, absorbés que nous étions par notre esprit qui joue au ping-pong, basket ou baseball avec nos idées très agitées !
Vient un moment où beaucoup est « sorti », nous commençons à « sentir » et « percevoir » que nous marchons. Parfois le signal peut être la prise de conscience que notre respiration s’accélère, que le paysage a changé du tout au tout, que nous nous sommes trompés de rue, que la chaleur du soleil est soudainement plus forte, que la dame de l’autre jour fait, elle aussi, sa promenade avec son jeune chien, que le tram grince légèrement en prenant ce virage-là, que des enfants jouent à cache-cache dans un jardin ou qu’un chat perché sur l’appui d’une fenêtre se détourne farouchement de notre regard … .
C’est ici que commence le magnifique voyage que la prise de conscience nous offre. Tout en continuant la marche au rythme qui est le nôtre, c’est aux sens de se réveiller enfin, et de prendre le relais du mental (un peu épuisé maintenant, à vrai dire). L’air devient plus présent à nous. Il est froid, chaud, doux ou humide. Il sent bon le Lila, la terre sèche ou la gaufre. Un coup de vent frais peut nous vivifier, et une douce brise venir caresser nos joues qui en redemandent. Le regard sait qu’à présent il peut balayer de gauche à droite, de haut en bas et s’arrêter au hasard sur un point au loin que l’on trouve beau, sur un détail d’une statue inconnue qui se trouve sur notre route, observer un gros nuage blanc qui gonfle tranquillement dans le ciel. Notre regard peut se gorger des couleurs parfois surprenantes offertes par un paysage balancé entre la pluie et le soleil. Notre ouïe s’ouvre, et perçoit le bruit rafraîchissant que crée le vent en jouant dans le feuillage d’une rangée de Peupliers, ou bien le souffle lent et réconfortant de celui-ci dans les branches aux longes épines d’un Pin sec en bordure du chemin. Tout nous invite à ce moment à vivre pleinement ici et maintenant ce que nous sentons et percevons. Dans les champs, les alouettes bien cachées grisollent à qui mieux mieux, et en bordure d’étangs les grenouilles enchainent haut et fort leurs coassements enivrants, un clocher sonne discrètement l’heure et des chevaux hennissent en entendant nos pas sourds … nous ne sommes jamais seuls ☺ On ose un écart vers les buissons odorants de chèvrefeuille en bordure d’une maison, et nos mains s’attardent quelques secondes sur la pierre bleue émanant encore la chaleur du soleil en plein été. Notre présent change à chaque pas, et à chaque instant nous en savourons – que dis-je, nous en dégustons - par petites touches chaque note dans ce camaïeu de sensations.
Marcher, c’est aussi donner au cadre qui nous entoure une réalité de vie – une réalité dans nos vies. Les écrans, radios, journaux nous procurent des tonnes d’informations utiles. La voiture nous mène rapidement d’un endroit à l’autre ; certes. Mais quelque part notre perception du présent ici et maintenant est biaisée par ces outils modernes. Marcher nous remet par ces petits pas que nous faisons - l’un après l’autre - en contact direct avec ce qui nous entoure, et avec ceux qui nous entourent. Oui, deux marcheurs qui se croisent se disent dans 65% des cas (mon expérience, vous vous en doutez, est que le taux est bien plus élevé en campagne) une forme de « bonjour », et oui, lorsque nous disons à la dame qui travaille dans son potager que « chapeau ! », nous échangeons quelques sourires de connivence et de reconnaissance. Lorsque nous marchons, nous sommes « avec » les gens que nous croisons. Nous sommes dans la vie qui nous entoure. Cela nous fait du bien, nous sommes en lien avec cette vie à l’extérieur et tout près de nous. Un article dévastateur dans le journal du matin peut nous miner toute une journée ; une promenade dans notre quartier peut nous rendre espoir avant que la nuit n’arrive.
Vient le moment où nous commençons à être prêts pour le retour. Nos pas ralentissent et se font plus lourds. Nos jambes nous ont bien portées … Une saine fatigue se fait ressentir. Nos poumons se sont gonflés d’oxygène, et ces éléments précieux irriguent tout notre corps. Là où celui-ci a « donné » nous sentons que le mental n’a fait que recevoir tout en s’allégeant. La boucle peut commencer tout doucement à se boucler. Le sentiment d’une sérénité certaine s’installe en nous, et dans notre tête règne une plus grande clarté. Nous estimons presque intuitivement le temps qu’il faudra pour rentrer chez soi ou atteindre notre but. Nous pensons paisiblement à la suite.
Lorsque nous rouvrons notre porte d’entrée, que nous enlevons nos chaussures, tout contents de pouvoir nous asseoir, quelque chose nous dit que nous sommes arrivés au « bon endroit ». Il nous a fallu partir, faire confiance à nos deux pieds, laisser notre mental se défouler, découvrir avec l’aide précieuse de nos sens le présent, observer et intégrer ce que maintenant peut nous offrir, pour se rendre compte comme il est tout simplement bon de revenir et de vivre – tout en étant un peu les mêmes qu’une heure avant, mais un peu différents aussi. Pour le plus grand bonheur de notre bien-être !